Intervention sur la réforme des rythmes scolaires à Bayonne

sessionMonsieur le Maire, mes chers collègues,

 

La réforme des rythmes scolaires était devenue l’un de ces serpents de mer, toujours évoqués mais jamais véritablement approchés… Le ministre de l’Éducation Nationale Vincent Peillon a eu la volonté de passer des bonnes intentions à l’action… Il faut s’en féliciter, même si l’exercice de la réforme est toujours un art difficile.

 

La nécessité de cette réforme est d’autant plus évidente à la lumière des enquêtes internationales récentes qui ont montré un tassement un peu inquiétant du niveau observé des écoliers français dans la décennie 2001-2011 (enquête PIRLS) : les écoliers français restent certes au dessus de la moyenne mondiale, mais au-dessous désormais de la moyenne européenne (29e rang sur 45). Ce constat doit forcément interpeller les responsables politiques et les engager dans des choix politiques tournés vers l’amélioration des conditions d’apprentissage et la réussite de nos enfants, ce qui est aussi une manière de préparer l’avenir de notre pays et de notre société.

Parmi les différents leviers possibles, la réforme des temps d’apprentissage s’impose comme une évidence dans la mesure où le système de la semaine de 4 jours n’a pas débouché sur des résultats satisfaisants.

Avec 864 heures d’enseignement par an, les petits Français reçoivent le plus important contingent horaire d’enseignement en Europe. Mais certainement aussi le plus mal réparti puisqu’il se concentre sur 144 jours seulement (contre 187 en moyenne européenne). On peut légitimement penser que les journées sont trop chargées en enseignement et qu’il faut rechercher un meilleur équilibre dans les temps d’apprentissage.

C’est l’esprit et le sens de la réforme : un même temps d’enseignement hebdomadaire (24 h) mais mieux réparti avec l’introduction (ou le retour) d’une demi-journée hebdomadaire en plus à l’école, et donc un allègement du temps journalier dans les apprentissages « durs » et un enrichissement par des activités d’éveil… Il s’agit donc d’un renouvellement et un renforcement de l’offre éducative destinée à profiter à tous, et notamment aux enfants issus des milieux les plus fragiles, ceux ont on sait qu’ils ont le plus besoin de l’école.

 

Les principes et les objectifs sont clairs et font plutôt consensus. Reste à travailler à leur mise en œuvre sur le terrain.

Au nom de notre groupe, je tiens à remercier les services et votre adjointe Mme Dumas pour la très bonne tenue de la commission Éducation consacrée à ce dossier : la question de l’application de la réforme y a été discutée dans une ambiance tout à fait sereine et constructive. Cela a d’ailleurs été l’occasion de dégager des points d’accord importants : le fait par exemple que l’organisation des horaires de début et fin de journée devront rester homogènes dans les écoles bayonnaises.

 

Nous serons un peu plus critiques à l’égard de certains des arguments que vous avancez pour justifier la décision de différer à Bayonne, l’application de la réforme : vous avez cru nécessaire en effet de sortir l’artillerie lourde d’une estimation financière de toute évidence exagérée… Un seul exemple : lorsque vous chiffrez le coût de la restauration scolaire supplémentaire (celle du mercredi) à 400 000 €, vous ne tenez compte que des dépenses et pas des recettes (ou alors c’est que vous envisagez d’instaurer la gratuité de la cantine le mercredi !)…

 

Bien évidemment, il y aura un coût et un coût important pour les finances de la Ville, personne ne le conteste. Et les finances municipales, à Bayonne comme ailleurs, devront l’assumer. Mais il faut se consoler, d’abord parce qu’en face de ce coût, il y aura un service public supplémentaire rendu aux usagers, aux enfants et aux familles… Autrepoint positif : il y aura aussi des emplois ou du temps de travail créés pour rendre ce service… Ce qui, par les temps qui courent, est intéressant et positif, reconnaissons le…

 

Cela étant dit, nous avons bien entendu les difficultés réelles, et même les risques d’une mise en œuvre trop rapide : nous n’avons pas le droit en effet de rater ou de balbutier cette réforme. Il y a besoin de temps à consacrer à la discussion et à la concertation avec les enseignants, les parents d’élèves et les acteurs du temps péri-scolaire pour se donner les moyens de l’appropriation et de la réussite du nouveau dispositif. C’est ce qui ressort des avis des conseils d’école, et nous croyons qu’il est de bonne méthode d’en tenir compte et de recourir à cette possibilité offerte par la loi d’en différer la mise en œuvre à la rentrée prochaine, celle de septembre 2014.

 

Nous voterons donc en faveur de cette délibération…

 

Je vous remercie de votre attention

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